L’humain a-t-il une âme ?

Par Jeanne du Mont

__________________________________________________________________________________________________________

Supposons que Dieu existe… (Soit oui, il existe, ou bien non, il n’existe pas : nous faisons face à une probabilité d’existence de 50%, une proportion suffisamment élevée pour qu’on se penche sur la question, non ?)

S’il existe, donc, il doit bien être, au minimum, un être pensant et sensible à l’autre, deux attributs que l’on retrouve couramment dans le monde des êtres animés. Quoi ? Même une fourmi pense, et elle a, de plus, le souci du bien de l’ensemble de l’espèce puisque, si l’une d’entre elles tombe par hasard sur un morceau de nourriture malencontreusement échappé sur le plancher de ma cuisine, elle est suffisamment capable de conceptualiser la chose pour aussitôt communiquer la bonne nouvelle à toutes ses congénères, provoquant un embouteillage monstre sur le chemin qui mène à mon garde-manger. Tout de même, Dieu devrait avoir une capacité au moins équivalente !

Il pense, donc, et il a souci du bien de l’espèce (s’il n’en avait pas souci, il y a belle lurette qu’il aurait trouvé le moyen d’éliminer de l’univers l’humanité récalcitrante que nous sommes !) Il a aussi la capacité de communiquer avec l’espèce humaine (une espèce à son image et à sa ressemblance). Il sait fort bien que nous sommes, nous humains, à la fois des êtres grégaires et des individus libres et pensants ; il sait en outre que la seule manière de faire avancer une telle « troupe » vers une direction X qui soit bénéfique aussi bien à l’individu qu’à l’ensemble, c’est celle-ci : lui servir à la fois un plan global du projet d’ensemble et, du même coup, une vision individuelle de la mission propre à chacun•e.

Supposons qu’un tel Dieu existe, donc, et qu’il souhaite ardemment que chacun•e de nous réalise la mission propre qui lui a été confiée, mission qui atteindra deux fins :

  • Permettre la progression et l’épanouissement de l’ensemble de l’humanité
  • Amener l’individu à réaliser son plein potentiel et à se sentir comblé•e et heureux•se.

Si tel est le cas, il doit bien y avoir eu un moment, dans notre histoire personnelle, où chacun•e d’entre nous a rencontré ce Grand Manitou pour recevoir de lui une telle révélation et mission. C’est logique, non ? Ou alors c’est écrit dans nos gènes ! Personnellement, je préfère la première version : c’est plus épique, et plus trippant aussi. Une version qui est d’ailleurs corroborée par un message prophétique moderne, auquel il est périlleux de demeurer sourd par les temps qui courent. Le passage de ce message dont je vous parle se résumerait en ces mots : lors de sa création, l’âme a vu Dieu, l’espace d’un instant, avant d’être unie au corps, ce qui expliquerait entre autres sa nostalgie de Dieu.

Je vous propose, en terminant, la lecture de ce message du Ciel, délivré le 15 septembre 1991.

La Fin des Temps est plus proche que tu le penses.

Bientôt, très bientôt, j’ouvrirai soudainement mon sanctuaire dans le Ciel et là, de tes yeux dévoilés, tu percevras comme une révélation secrète…

Soudainement viendra sur toi un temps de grande détresse, car je vais permettre à ton âme de percevoir tous les événements de ton existence : je les dévoilerai l’un après l’autre. Je te rendrai conscient•e de ton irrespect envers mes enseignements de vie.

Si tu es encore en vie et debout sur tes pieds, les yeux de ton âme verront une Lumière éblouissante, comme les miroitements d’innombrables pierres précieuses, comme les feux de diamants cristallins. Et au milieu de cette éblouissante Lumière, ton âme verra ce que dans cette fraction de seconde elle a vu jadis, à ce moment précis de ta création…

Elle verra :

Celui qui le premier vous a tenues dans ses mains, les Yeux qui les premiers vous ont vues ;

Elle verra :

Les mains de Celui qui vous a formées et vous a bénies…

Elle verra :

Le plus tendre Père, votre Créateur. (Message tiré de La vraie vie en Dieu, par Vassula Ryden)

Trump, l’envoyé de Dieu ?

Par Jeanne du Mont

__________________________________________________________________________________________________________

« Dieu a voulu que Donald Trump soit président », disait récemment sur les ondes Sarah Sanders, porte-parole de la droite religieuse américaine.

Mais d’où vient donc une telle  idée ?

Vous avez peut-être entendu parler du film The Trump Prophecy, projeté dans ≈1000 salles de cinéma états-uniennes en 2018. Un pompier y témoigne qu’il a vu en 2011 que Trump deviendrait président des États-Unis et, selon sa prophétie, Trump serait le roi Cyrus des temps modernes ! (Soulignons que Cyrus, roi des Perses et conquérant puissant, a émis en 538 av. J.-C. un édit permettant aux Juifs déportés à Babylone de retourner chez eux et d’y reconstruire leur temple.) Chez les ± 62 millions d’évangélistes américains, cette théorie du « Cyrus sauveur du peuple élu » est abondamment enseignée et proclamée : un jour, viendra un dirigeant païen qui accomplira la volonté de Dieu. (Quoi ? Les évangélistes américain•e•s seraient le nouveau peuple élu ?)

Et la prophétie s’est réalisée : Trump est là et il défend les idées des ultraconservateurs religieux (introduire la lecture des textes bibliques à l’école, promouvoir des lois anti-avortement, mettre en place des juges conservateurs, juguler l’immigration des pratiquants de religions étrangères au pays, etc.).

Mais Dieu, lui, où se situe-t-il là-dedans ? A-t-il vraiment envoyé Trump pour défendre les idées de la droite religieuse (qui seraient, par conséquent, les idées mêmes de Dieu) ? En d’autres termes :

  • Dieu est-il moraliste et accusateur ?
  • Son projet est-il de rassembler l’humanité entière sous un système religieux unique ?
  • A-t-il choisi le mouvement évangéliste en tant que figure de proue d’un nouvel ordre des choses ? 

On ne peut qu’espérer qu’il n’en soit rien, de grâce ! 

Les idées conservatrices font pourtant partout émergence : au sein des différents systèmes politiques ou religieux autant que dans le cœur et la tête de plusieurs d’entre nous. Un temps très sombre pour l’humanité, un temps où la peur de l’autre l’emporte sur le désir d’être UNS. Un temps où jeter la pierre à celui ou celle qui ne pense pas comme nous ou qui déroge de la « bonne pensée », est devenu une des occupations #1 de monsieur et madame tout le monde.   

Mais pour en revenir à Cyrus, n’est-il pas trop facile pour tel ou tel groupe religieux d’utiliser la Bible à sa sauce pour l’adapter à son agenda ? Et pour en finir avec Trump, dans quel monde un tel homme peut-il se conforter à croire ‒ ou à faire croire ‒ qu’il travaille à la réalisation des désirs de Dieu ?

« Vous qui vous dites religieux•euses, voici : vous jeûnez, dit IHVH-Adonaï, mais pour vous livrer à la dispute et la querelle, pour frapper du poing méchamment. Est-ce là ce qui me plaît, courber la tête comme un jonc et étaler ses actes pieux ? N’est-ce pas plutôt ceci que je préfère : défaire les chaînes injustes, délier les liens de l’asservissement, héberger chez toi les pauvres sans abri, ne pas te dérober devant celui•celle qui est ta propre chair ? Ta lumière jaillira alors comme l’aurore, et la gloire d’En Haut t’unifiera. Si tu bannis de chez toi le doigt dressé et les paroles trompeuses, ta lumière brillera dans les ténèbres et l’obscurité sera pour toi comme le plein midi. Tu rebâtiras les ruines qui perdurent, tu répareras, tu restaureras, afin d’en faire un lieu où habiter. » (Voir Isaïe 58,4-12, texte biblique écrit par un inspiré, 515 av. J.-C.)

On est ici très loin d’un système politico-religieux moralisateur, non ?

 

 

 

Et si Satan existait vraiment ?

Par Jeanne du Mont

__________________________________________________________________________________________________________

L’existence de Satan, une utopie ? Une fable remontant au Moyen-Âge ? Une conceptualisation sortie tout droit de quelque cerveau ultrareligieux et tordu ? Et s’il était possible de démontrer clairement son existence, qu’en diriez-vous ?

L’espèce humaine a jadis été soumise aux lois de l’instinct, à l’instar de tout le règne animal, obéissant à des stimuli hormonaux, olfactifs, saisonniers, ou autres, messages inscrits dans son génome et ordonnant sa conduite vers la survie de l’espèce : une période paradisiaque de son périple évolutif, un temps d’harmonie où le genre humain respectait intrinsèquement les lois naturelles; une ère sans histoire. Puis, progressivement, une nouvelle donnée s’est ajoutée à l’équation : nos semblables se sont laissé tenter par la liberté. Une expérience exaltante s’il en est, un exercice de haute voltige; un choix à très haut risque, en fait. Parce que qui dit « être libre » dit du même souffle « expérimenter la morsure du mal ». En effet, seul un dieu pourrait exercer sa liberté sans jamais commettre une erreur de jugement, sans jamais se laisser prendre par les jeux du pouvoir, du plaisir et de la convoitise ; un humain en est radicalement incapable, l’histoire nous le démontre tristement.

L’histoire nous démontre par surcroit une réalité plus effrayante encore : l’espèce humaine, d’un siècle à l’autre, va de plus en plus loin dans son expérience du mal. Tout se passe comme si, d’une génération à l’autre, le genre humain développait un peu davantage  – ou beaucoup plus, notamment au siècle dernier – un esprit machiavélique capable d’imaginer de plus en plus de ruses pour mal agir, causer du tort à son entourage et faire souffrir. Nous sommes, en ces temps, au summum de cette propension humaine à détruire tout ce que nous touchons : on n’a qu’à jeter un œil sur l’actualité pour s’en convaincre.

Malheureux humain que je suis ! Je fais le mal que je ne voudrais pas faire et je ne fais pas le bien auquel j’aspire[1] et ce faisant, j’œuvre à déconstruire le monde, à disloquer les corps et à détruire la beauté native de mon être même. Autodestruction assurée. Et puisque ce mouvement tend à s’amplifier de manière exponentielle, nul doute que nous soyons perdus en tant qu’humanité et que nous courions à notre perte… à moins que le diable n’existe.

Mais que vient faire le diable là-dedans, me direz-vous ? L’espèce humaine est tout à fait capable de se détruire par elle-même et elle se doit d’assumer la responsabilité de ses errances. Permettez-moi pourtant de démystifier un peu le personnage trouble qu’est Satan.

Procédons par analogie. Si Dieu est la matière noire qui emplit tout interstice de sa discrète et bénéfique présence, Satan – ou Lucifer[2] – est cette lumière trop crue qui expose nos dessous dans le but de nous avilir aux yeux d’autrui ou de nous accuser. Il est ce trait éblouissant qui aveugle notre entendement afin de mieux séduire, ce rayon laser biaisé qui peut aller jusqu’à brûler nos yeux, empêchant toute lumière d’entrer en nous. Une Puissance spirituelle dotée d’une intelligence remarquable qui a voué son existence à une chose : essayer de perdre l’espèce humaine dans le but de défier Dieu. Le machiavélisme excellemment structuré qui règne actuellement sur le monde pourrait-il en effet s’expliquer par la simple addition des déviances et appétits insatiables d’individus et de groupes humains plus ou moins interreliés entre eux ? Je le redis : s’il existe, ce Satan, une lueur d’espoir demeure pour l’humanité, sinon, tout est perdu. Parce que, s’il existe, nous avons un ennemi commun à vaincre et une saine lutte peut s’engager. Mais s’il n’existe pas, nous sommes notre propre ennemi et mieux vaut nous habituer dès maintenant au chaos fatal qui emportera l’espèce.

Une dernière analogie pour tenter de cerner cet ennemi sournois – lui qui gagne tellement à ce que nous ignorions son existence. Prenons deux insectes dotés chacun d’un dard : l’abeille à miel versus l’insecte piqueur. Dans le cas du piqueur (tique ou moustique), il siphonne notre substance vitale, notre sang, pour nourrir son propre organisme et faire croître son lignage : il use de nous pour son propre intérêt – tel le diable. Pour ce qui est de l’abeille, elle n’use de son dard[3] qu’en cas de menace pour la colonie et elle le fait dans un acte suprême de don de sa vie au service d’autrui – tel le Christ.

Êtes-vous étonné·e de savoir que, de nos jours, ici-même chez nous, la population d’abeilles soit en forte décroissance, et celle des tiques porteuses de virus, en croissance inquiétante ? « Car la création toute entière gémit maintenant dans les contractions de l’enfantement[4]. » En effet, « la création attend dans l’angoisse, aspirant à la révélation des fils et filles d’Elohîm[5]. »

Puisse-t-elle survenir, cette révélation, par notre foi et notre action commune, à vous et à moi !

 

Note de la rédaction : Jeanne du Mont est l’auteure du livre L’apocalypse décryptée, publié aux Éditions Tsemantou.

 

[1] Paraphrase de saint Paul, lettre aux Romains, chapitre 7, verset 19.
[2] Lucifer, un des noms donné au diable, est un mot qui, en latin, signifie « vedette du matin » ou « qui porte un flambeau »; Lucifer est tiré de « lux », signifiant « lumière ».
[3] Si les abeilles meurent après avoir piqué, c’est que leur dard prend la forme d’un harpon (alors que celui des guêpes est très lisse). Lorsque celui-ci s’enfonce dans la peau, nos chairs se referment littéralement sur lui et les crochets du harpon l’empêchent ensuite d’en ressortir. Pour s’échapper, l’abeille se voit alors contrainte d’abandonner sur place une partie de son abdomen contenant la glande à venin. Éviscérée, l’abeille est donc condamnée à mourir à plus ou moins court terme. (Tiré de futura-sciences.com)
[4] Lettre aux Romains, chapitre 8, verset 22.
[5] Lettre aux Romains, chapitre 8, verset 19.

 

 

La violence du Christ

Par Jeanne du Mont

__________________________________________________________________________________________________________

L’auteur et philosophe français Henri de Monvallier signait récemment dans la revue Le monde des religions un article discutant de certains propos et actes du Christ que l’on pourrait qualifier de « violents ». Il commente ce passage de l’évangile de Marc (11, 15-18) entre autres : « Jésus entre au sanctuaire. (Il fait un fouet avec des cordes, précise Jean dans son évangile). Il commence par jeter les vendeurs et les acheteurs hors du sanctuaire. Il renverse les tables des changeurs et les sièges des vendeurs de colombes. Il ne laisse personne transporter des ustensiles à travers le sanctuaire. » « Cet épisode a davantage l’allure d’une opération de milice musclée que d’une prédication apaisée. Fait aggravant : Hitler cite de façon élogieuse cet épisode dans Mein Kampf(…) », commente H. de Monvallier.

Le Jésus de la Bible a également eu d’autres comportements violents qu’il est bon de mentionner ici.

  • Il invective les stricts observants religieux de son époque, scribes et pharisiens, en les traitant de « sépulcres blanchis » (en mots d’aujourd’hui, on pourrait traduire « cadavres en putréfaction blanchis à la chaux »).
  • Il raconte une parabole qui se termine en ces termes : « Amenez-les ici et égorgez-les devant moi » (Luc 19,27).
  • Il dit « Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent, le royaume des cieux est forcé et les violents s’en emparent » (Mathieu 11,12).
  • Il dit « Je ne suis pas venu apporter la paix sur la terre, mais le glaive » (Mathieu 10,34).

Voici donc le Jésus de l’histoire au banc des accusés. Coupable ou non, ce personnage ? Violent ou doux et humble ?

En fait, pour bien saisir le psychisme de l’accusé, il faut d’abord comprendre à qui s’adresse sa violence. Et l’on constate que quatre des cinq actes ou propos violents cités plus haut s’adressent de façon spécifique aux chefs et dirigeants religieux du temps de Jésus. Qu’est-ce à dire ? Oui, Jésus a eu des attitudes violentes, mais entièrement dirigées à l’encontre de l’élite religieuse fondamentaliste et légaliste de son temps. Et par extension, contre les castes religieuses traditionnalistes et les chefs religieux légalistes de tous les temps. Nuance ! Quant au peuple de ses concitoyens, pas de trace de vindicte envers eux de la part du Christ, au contraire, « toute la foule est frappée par son enseignement » ; elle adhère à ses propos. C’est cette adhésion populaire qui lui vaut d’ailleurs l’ire des prêtres et chefs religieux, jaloux de leurs pouvoirs spirituels, politiques et économiques, et frileux à l’idée de perdre ces pouvoirs.

Par son invective « sépulcres blanchis », Jésus s’élève contre ceux qui prennent une apparence religieuse extérieure mais n’ont pas de vie spirituelle à l’intérieur. De même, dans la parabole citée plus haut, ceux qui doivent être amenés et égorgés en présence du Maître, ce sont ceux à qui ont été confiés ses biens et qui ne les ont pas fait fructifier, ceux-là même qui se déclarent ses serviteurs. Les biens divins étant spirituels, il s’agit donc de ceux qui sont chargés d’administrer ces biens, les responsables religieux et spirituels de toutes sortes. Les « sépulcres blanchis » sont par extension tous ceux et celles qui disent « Seigneur, Seigneur » sans faire la volonté du Père du Ciel, tous ceux et celles qui n’ont que l’apparence de la religion.

Pour ce qui est du royaume des cieux qui « est forcé et dont s’emparent les violents » (Mathieu 11,12), ne discerne-t-on pas là des termes qu’on associerait à des voleurs qui dérobent un bien qui ne leur appartient pas ? Combien de gourous, de prêtres, de prélats, de pasteurs, de preachers, d’imams, de patriarches et d’autres chefs religieux de toutes sortes se comportent effectivement comme des usurpateurs, s’approprient les biens divins, déforment la vérité et ferment les portes du royaume à ceux et celles qui aspirent à y entrer ? Crimes qui, aux yeux du Christ, sont plus graves que tout puisqu’ils mettent en péril la santé spirituelle des êtres humains, bien plus précieuse encore, selon lui, que leur santé physique.

Quant au glaive qu’il dit être venu apporter sur la terre, ne nous méprenons pas ! Jésus fait ici allusion à sa mission profonde, il parle du sens de sa venue sur terre. À plusieurs reprises dans l’Ancien Testament, la parole de vie est comparée à un glaive tranchant, et c’est à ce glaive-là que Jésus fait allusion : il est la Parole, la révélation, celui qui est venu enseigner et dévoiler. On est donc à cent lieues d’une épée guerrière! Comme il l’a dit lui-même, sa mission n’est pas d’apporter la paix : cette mission revient en effet à l’humanité. L’humain enseigné et éclairé par le divin devient un acteur de paix dans le monde. Tel est le sens de Mathieu 10,34.

Quand il a eu chassé les vendeurs et changeurs de monnaie, Jésus a enseigné les croyants présents sur les lieux, ceux et celles qui étaient venus au temple non pas pour s’enrichir matériellement, mais pour s’enrichir spirituellement. Il a mis en garde contre la tentation de faire de la maison de prière une caverne de bandits. Il parlait bien sûr des temples matériels, mais plus encore du temple qu’est notre âme, menacée elle aussi par l’appât du gain et le matérialisme. Et afin de purifier notre âme pour lui rendre sa beauté native, tenons-nous bien ! Il est prêt à la conquérir de haute lutte, à nous déposséder de nos fausses sécurités en usant de violence, s’il le faut.

 

Tout est dans le fruit

Par Jeanne Du Mont

__________________________________________________________________________________________________________

 

 

Toutes les religions s’équivalent, en ce sens qu’elles ont la puissance d’élever l’humain au-delà de son espace confiné, au-delà du je-me-moi stérilisant et vide, au-delà de l’emprise du matériel qui étouffe, qui capture l’être et l’emprisonne. Les religions sont des systèmes conçus pour éduquer notre être profond, pour lui inculquer une discipline salutaire qui le tire vers le haut et le libère de ce qui le maintient à l’état larvaire.

Loin de moi l’idée d’avancer qu’un humain sans religion n’est rien qu’une larve ! L’état larvaire n’a par ailleurs rien de péjoratif : il est une potentialité, un merveilleux devenir en préparation, un secret destiné à se déployer au grand jour. Vu sous cet angle, l’humain sans religion ou spiritualité n’est rien de moins qu’une merveille en dormance.

Mais cela dit, il y a un mais…  Les systèmes religieux sont gérés par des humains influencés comme tous ceux de la race par des appâts de cupidité, de plaisirs bon marché et de gloriole. On doit donc perpétuellement libérer les religions des castes de dirigeants qui y ont leur mainmise… Ou réinventer des spiritualités saines, ouvertes sur l’autre et libératrices.

Si votre religion (il y a des « religions » athées, ne l’oublions pas, prenant la forme de courants politiques, de pensées monolithiques ou de mécanismes d’exclusion) ou votre spiritualité ne vous porte pas à grandir en acceptance de vous-mêmes et de vos faiblesses, à vous détacher du prosélytisme militant (si accablant pour votre entourage), à voir en chaque être humain le reflet même de la déité et à le respecter et à l’aimer comme tel – si votre religion ne porte pas ces fruits-là, changez-en, de grâce !

Car nul besoin d’être unˑe devin ou unˑe grandˑe sage pour décréter ceci : l’avenir de l’humanité n’est envisageable que si chaque humain se met à se soucier intentionnellement et volontairement du bien-être et de l’épanouissement de l’autre, à favoriser l’autre autant qu’ilˑelle se favorise luiˑelle-même, à s’ouvrir à une pensée tournée vers l’humain.

L’harmonie et le plaisir de vivre sur cette planète où nous subissons un sort commun n’est possible qu’à ce prix. L’individualisme et la surconsommation ne peuvent mener qu’au chaos et dénaturent l’être humain, un « animal » grégaire, monogame et spirituel dans son essence même.

Vous arrive-t-il de vous demander pourquoi, de nos jours, trop d’ados cherchent à mourir ou à s’étourdir dans la vitesse, l’alcool et les drogues, pourquoi tant et tant d’enfants sont autistes, en déficit d’attention, hyperactifs, blasés et/ou irrespectueux, pourquoi les bébés même, pour certains, délaissent le réflexe vital qu’est celui de téter leur mère et pourquoi un nombre croissant de couples n’arrivent plus à procréer sans assistance médicale ? Peut-être devrions-nous cesser de ne chercher les causes de ces fléaux que dans les changements climatiques ou l’alimentation ou la pollution environnementale et scruter également notre manière d’être ensemble, en tant que collectivité, en tant que citoyenˑneˑs d’une même planète. L’écologie du corps et de l’esprit peut être une réponse très valable à nos immenses problèmes sociétaux ! Et ce n’est pas les modèles économiques axés sur la croissance qui nous sortiront de là – ne pas l’oublier au moment de déposer nos votes dans la boîte ces jours-ci…

Adolescente, il y a de cela plusieurs dizaines d’années, j’ai été profondément choquée, révulsée, quand un de nos professeurs du niveau secondaire nous a présenté en classe un documentaire sur les camps de concentration nazis. J’ai perdu foi en l’humanité ce jour-là (avant de la retrouver plus tard via une démarche spirituelle). Mais quand le culte de la personnalité, l’hédonisme, l’indifférence, l’intolérance, voire la haine, font désormais partie de la culture ambiante et nous bombardent chaque jour, se pourrait-il que même les touts petits êtres perdent à leur tour foi en l’humanité, cessent d’espérer, et s’emmurent hermétiquement, afin de résister à un climat toxique ambiant ?