Aussi délicieux que faire l’amour, et plus encore

Par Jeanne du Mont

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Sortir de soi pour goûter l’autre : telle est ma définition de l’acte sublime qu’est faire l’amour.

Pour qui a beaucoup aimé, cette définition trouvera en ses tréfonds un écho. Bien plus qu’un plaisir, l’acte sexuel amoureux est une extase, une communion.

La seule autre expérience qui peut créer chez l’humain une vibration aussi intense et un sentiment de plénitude plus vaste encore, est l’élévation de soi goûtée lors d’expériences mystiques. Expérience de transcendance, expérience de sortie de soi, expérience de communion à l’Être le plus fascinant qui soit.

Expérience méconnue à laquelle bien trop peu d’humains s’adonnent, quoiqu’elle soit pourtant tout à fait gratuite et à la portée de tous. Expérience qui dépasse l’entendement. Acte qui élève l’humain au rang du divin.

On parle très peu de cet acte d’élévation, de nos jours. On préfère parler de méditation, un mot plus in, une notion plus quantifiable, plus proche de l’expérience matérielle qui est la nôtre. Méditer répond à telle ou telle méthode et produit tel ou tel effet mesurable : une recette éprouvée qui produit le résultat escompté. Méditer améliore la concentration et permet d’élargir sa conscience, c’est connu et c’est bénéfique pour l’humain.

Mais la méditation ne nous propulse pas nécessairement dans l’univers du Tout-Autre. Je la comparerais à l’auto-érotisme, ce qui n’est déjà pas mal comme expérience de plaisir, de satisfaction et d’apaisement. Rien de comparable, cependant, avec la très douce et très bouleversante rencontre de l’Être Tout-Aimant que l’on peut goûter et connaître dans l’expérience mystique.

Prier n’est alors pas le geste de faire le vide en soi ou de chercher à se concentrer sur une idée ou une série de mots précis. Prier est plutôt une sortie de soi pour se mettre en quête de cet Autre si attirant qu’on cherche à connaître et à saisir. Et tôt ou tard, cet Autre que l’on courtise finit par s’ouvrir à nous, nous dévoile son intimité profonde et nous y admet.

Ou est-ce plutôt nous qui nous ouvrons à Lui et l’admettons en nous ? Un mélange des deux, sûrement. Et le résultat est une symbiose magnifique, une communion extatique, un allègement de soi libérateur, une illumination soudaine ouvrant notre conscience au sens caché des choses.

« Je suis à mon bien-aimé et vers moi se porte son désir », dit la Bible au Cantique des Cantiques, chapitre 7, verset 11.

Le langage de l’amour physique est le langage même de ce Tout-Autre qu’est l’Infiniment Amoureux. À connaître. À explorer. À goûter.

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