Être mère, c’est…

Par Johane Filiatrault (écrit le 2 mai 2003)

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Être mère, c’est prêter son corps à un•e autre pour qu’il•elle s’y abrite et s’en nourrisse :  te voici tente et refuge qui se déploie petit à petit pour qu’il•elle y trouve son espace à mesure qu’il•elle grandit.

La maternité est le plus grand cadeau que peut recevoir une femme, à condition que l’homme qui le lui a fait reçoive cette femme-mère tel un cadeau. Il y a tant d’étroitesse de cœur dans notre monde moderne ! Si on arrêtait de compter (notre temps et notre argent) et si on commençait à donner, que de joie il y aurait dans les familles !  Une femme épanouie, un homme fier d’elle et de sa progéniture, des enfants remplis de vie : le bonheur est si simple ! 

Il est toujours triste de voir des conjoint•e•s se critiquer sévèrement l’un•e l’autre (devant leurs enfants), se « renotant » leurs erreurs passées. Que le plus aimant des deux fasse le premier pas et dise à l’autre un mot gentil, une remarque obligeante, et toute l’atmosphère de la maison s’en trouvera transformée : c’est si simple, le bonheur ! 

Amour… et pardon, puisque le•la conjoint•e parfait•e, ça n’existe pas. Un couple uni, deux adultes qui s’aiment, voilà tout ce qui est nécessaire pour l’équilibre affectif d’un enfant. 

Être mère, c’est conduire son enfant à son père. Trop de mères surprotègent leur enfant et se l’accaparent, consciemment ou non. Elles l’éloignent ainsi du père, soit en critiquant celui-ci devant l’enfant, soit en empêchant le père d’intervenir auprès de l’enfant fautif, sous prétexte qu’il est trop sévère ou trop exigeant. Rien n’est plus destructeur pour l’enfant et la famille !  (La mère a naturellement tendance à excuser son enfant et, plus elle accentue cette tendance, plus le père aura tendance à être sévère pour compenser).  L’enfant a autant besoin de l’autorité ferme et exigeante d’un père que de la souple tendresse d’une mère (ou vice et versa, car il y a des couples où les rôles sont souvent inversés). Travailler à détacher le petit d’elle et l’aider à s’attacher à son père est un grand défi pour toute mère, nécessaire pour la croissance de l’enfant. Mères, laissez le père être un père ; aidez-le à devenir tendre : il vous aidera à devenir ferme. 

Être mère, c’est parfois faire mourir son enfant dans son sein. Parce qu’on ne sent pas auprès de soi un partenaire solide et bon sur qui prendre appui, en qui puiser la force d’enfanter. Être mère sans un père, quelle terrible déchirure ! Inutile de chercher lequel des deux est plus coupable : l’amour manque.  Aimons !

Être mère, c’est d’abord ouvrir son être à un homme, son corps comme son cœur, se donner et faire confiance à cet autre, différent ; l’aimer beaucoup et faire sa joie, et travailler à son bonheur. Et puis, du nid d’amour ainsi construit par ces deux cœurs liés, viendra la vie, et la tente qui s’élargit pour lui donner l’abri. 

Être mère, c’est être aimée d’un homme, au point que sa vie se mélange à la tienne et que, dans tes entrailles, elle prenne forme. 

 

Et si Satan existait vraiment ?

Par Jeanne du Mont

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L’existence de Satan, une utopie ? Une fable remontant au Moyen-Âge ? Une conceptualisation sortie tout droit de quelque cerveau ultrareligieux et tordu ? Et s’il était possible de démontrer clairement son existence, qu’en diriez-vous ?

L’espèce humaine a jadis été soumise aux lois de l’instinct, à l’instar de tout le règne animal, obéissant à des stimuli hormonaux, olfactifs, saisonniers, ou autres, messages inscrits dans son génome et ordonnant sa conduite vers la survie de l’espèce : une période paradisiaque de son périple évolutif, un temps d’harmonie où le genre humain respectait intrinsèquement les lois naturelles; une ère sans histoire. Puis, progressivement, une nouvelle donnée s’est ajoutée à l’équation : nos semblables se sont laissé tenter par la liberté. Une expérience exaltante s’il en est, un exercice de haute voltige; un choix à très haut risque, en fait. Parce que qui dit « être libre » dit du même souffle « expérimenter la morsure du mal ». En effet, seul un dieu pourrait exercer sa liberté sans jamais commettre une erreur de jugement, sans jamais se laisser prendre par les jeux du pouvoir, du plaisir et de la convoitise ; un humain en est radicalement incapable, l’histoire nous le démontre tristement.

L’histoire nous démontre par surcroit une réalité plus effrayante encore : l’espèce humaine, d’un siècle à l’autre, va de plus en plus loin dans son expérience du mal. Tout se passe comme si, d’une génération à l’autre, le genre humain développait un peu davantage  – ou beaucoup plus, notamment au siècle dernier – un esprit machiavélique capable d’imaginer de plus en plus de ruses pour mal agir, causer du tort à son entourage et faire souffrir. Nous sommes, en ces temps, au summum de cette propension humaine à détruire tout ce que nous touchons : on n’a qu’à jeter un œil sur l’actualité pour s’en convaincre.

Malheureux humain que je suis ! Je fais le mal que je ne voudrais pas faire et je ne fais pas le bien auquel j’aspire[1] et ce faisant, j’œuvre à déconstruire le monde, à disloquer les corps et à détruire la beauté native de mon être même. Autodestruction assurée. Et puisque ce mouvement tend à s’amplifier de manière exponentielle, nul doute que nous soyons perdus en tant qu’humanité et que nous courions à notre perte… à moins que le diable n’existe.

Mais que vient faire le diable là-dedans, me direz-vous ? L’espèce humaine est tout à fait capable de se détruire par elle-même et elle se doit d’assumer la responsabilité de ses errances. Permettez-moi pourtant de démystifier un peu le personnage trouble qu’est Satan.

Procédons par analogie. Si Dieu est la matière noire qui emplit tout interstice de sa discrète et bénéfique présence, Satan – ou Lucifer[2] – est cette lumière trop crue qui expose nos dessous dans le but de nous avilir aux yeux d’autrui ou de nous accuser. Il est ce trait éblouissant qui aveugle notre entendement afin de mieux séduire, ce rayon laser biaisé qui peut aller jusqu’à brûler nos yeux, empêchant toute lumière d’entrer en nous. Une Puissance spirituelle dotée d’une intelligence remarquable qui a voué son existence à une chose : essayer de perdre l’espèce humaine dans le but de défier Dieu. Le machiavélisme excellemment structuré qui règne actuellement sur le monde pourrait-il en effet s’expliquer par la simple addition des déviances et appétits insatiables d’individus et de groupes humains plus ou moins interreliés entre eux ? Je le redis : s’il existe, ce Satan, une lueur d’espoir demeure pour l’humanité, sinon, tout est perdu. Parce que, s’il existe, nous avons un ennemi commun à vaincre et une saine lutte peut s’engager. Mais s’il n’existe pas, nous sommes notre propre ennemi et mieux vaut nous habituer dès maintenant au chaos fatal qui emportera l’espèce.

Une dernière analogie pour tenter de cerner cet ennemi sournois – lui qui gagne tellement à ce que nous ignorions son existence. Prenons deux insectes dotés chacun d’un dard : l’abeille à miel versus l’insecte piqueur. Dans le cas du piqueur (tique ou moustique), il siphonne notre substance vitale, notre sang, pour nourrir son propre organisme et faire croître son lignage : il use de nous pour son propre intérêt – tel le diable. Pour ce qui est de l’abeille, elle n’use de son dard[3] qu’en cas de menace pour la colonie et elle le fait dans un acte suprême de don de sa vie au service d’autrui – tel le Christ.

Êtes-vous étonné·e de savoir que, de nos jours, ici-même chez nous, la population d’abeilles soit en forte décroissance, et celle des tiques porteuses de virus, en croissance inquiétante ? « Car la création toute entière gémit maintenant dans les contractions de l’enfantement[4]. » En effet, « la création attend dans l’angoisse, aspirant à la révélation des fils et filles d’Elohîm[5]. »

Puisse-t-elle survenir, cette révélation, par notre foi et notre action commune, à vous et à moi !

 

Note de la rédaction : Jeanne du Mont est l’auteure du livre L’apocalypse décryptée, publié aux Éditions Tsemantou.

 

[1] Paraphrase de saint Paul, lettre aux Romains, chapitre 7, verset 19.
[2] Lucifer, un des noms donné au diable, est un mot qui, en latin, signifie « vedette du matin » ou « qui porte un flambeau »; Lucifer est tiré de « lux », signifiant « lumière ».
[3] Si les abeilles meurent après avoir piqué, c’est que leur dard prend la forme d’un harpon (alors que celui des guêpes est très lisse). Lorsque celui-ci s’enfonce dans la peau, nos chairs se referment littéralement sur lui et les crochets du harpon l’empêchent ensuite d’en ressortir. Pour s’échapper, l’abeille se voit alors contrainte d’abandonner sur place une partie de son abdomen contenant la glande à venin. Éviscérée, l’abeille est donc condamnée à mourir à plus ou moins court terme. (Tiré de futura-sciences.com)
[4] Lettre aux Romains, chapitre 8, verset 22.
[5] Lettre aux Romains, chapitre 8, verset 19.

 

 

Enthousiastes = moins de chances de tenir vos résolutions…

Pourquoi ?

Par Judy Tétreault

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Ah! Le fameux temps des résolutions!

Moment où les gens fatigués, voire frustrés, de leur soi de 2018 gobent la promesse d’un soi tout neuf. Exempt de toutes les vicissitudes qu’ils ont connu les 12 mois précédents.

Ce que je trouve plutôt ironique, c’est qu’il m’apparaît que ce sont les moins enthousiastes à prendre des résolutions annuelles qui ont le plus de chances d’en mener quelques-unes à terme. Car voyez-vous, ce sont les croyances qui se cachent derrière nos motivations (et donc de nos actes) qui traduisent souvent le fait que l’on soit ou non en accord avec les grands principes universels de la vie. Et la grande majorité des enthousiastes ne sont-ils pas ceux et celles qui croient que leurs résolutions pourront changer leur vie, mettront fin à leur misère et leur donneront un tout nouveau soi ?

Derrière ce désir (que je trouve vraiment attendrissant, je dois préciser), se cache en revanche une croyance selon laquelle 2018 fut mauvaise, décevante, horrible ou pire : que l’on est mauvais, décevant ou horrible. Et ne cherche-t-on pas avec raison à mettre tout ça derrière soi ?

Nous sommes pourtant à quelques centimètres d’une bonne façon d’aborder les résolutions annuelles. Mais toute optique qui exclut l’acceptation pleine d’amour de ce qui a été ne nous mènera pas vers du mieux.  

Je suis totalement POUR les résolutions et le temps des résolutions. C’est une merveilleuse occasion de faire preuve de responsabilité personnelle et de multiples autres qualités, tout en profitant d’une sorte de mouvement de masse.

Mais je voudrais inviter chacun à s’attarder à bien regarder 2018 et à y trouver un enseignement parental pour soi-même afin de bien choisir sa résolution. Sans quoi, je crains fort que l’on ne se serve pas au mieux de cette occasion magique!

Je vous aime.  

Aimez-vous.

 

Pistes de réflexion pour vos Noëls malheureux

Par Judy Tétreault

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Noël est une fête familiale.

C’est probablement pourquoi la vue du sapin traditionnel de la famille de mon chum me rend triste.

Être entourée de leur bonheur annuel des fêtes me lie à ce vide que, je le sais, je partage avec plusieurs.

Nous sommes des centaines à ressentir cette sorte de vague à l’âme à l’approche du temps des fêtes.

Et cela ne nous retire pas notre capacité à sourire et être de bonne compagnie lors de vos festivités. C’est seulement qu’une part de nous est un peu … ailleurs.

Le bonheur des uns rappelle parfois aux autres ce qui leur manque.

Même si je suis membre d’une famille nombreuse, j’appartiens, comme tant d’autres, à la catégorie des familles claudicantes…

Noël est le moment de l’année où le cœur d’une famille émerge le plus. Un cœur familial souffrant donnera un Noël souffrant. Un cœur familial aimant et chaleureux donnera un Noël aimant et chaleureux.

Comment sont vos Noël ces 5, 6, 7 dernières années?

…..

Prenez au moins le moment de répondre à la question avant de continuer votre lecture!

….

Maintenant, croyez-vous que seuls vos parents, vos frères et sœurs ou votre belle-famille en sont la cause?

Bien sûr que non.

Il y a, en chacun de nous, un enfant qui vit Noël, un ado qui vit Noël et un adulte qui vit Noël.

Lequel des trois a le vague à l’âme en vous et pourquoi?

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Comment peut-on regarder leurs sapins de Noël sans avoir la larme au cœur? …

Peut-être en commençant par en faire un qui nous réjouira le cœur.

 

La violence du Christ

Par Jeanne du Mont

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L’auteur et philosophe français Henri de Monvallier signait récemment dans la revue Le monde des religions un article discutant de certains propos et actes du Christ que l’on pourrait qualifier de « violents ». Il commente ce passage de l’évangile de Marc (11, 15-18) entre autres : « Jésus entre au sanctuaire. (Il fait un fouet avec des cordes, précise Jean dans son évangile). Il commence par jeter les vendeurs et les acheteurs hors du sanctuaire. Il renverse les tables des changeurs et les sièges des vendeurs de colombes. Il ne laisse personne transporter des ustensiles à travers le sanctuaire. » « Cet épisode a davantage l’allure d’une opération de milice musclée que d’une prédication apaisée. Fait aggravant : Hitler cite de façon élogieuse cet épisode dans Mein Kampf(…) », commente H. de Monvallier.

Le Jésus de la Bible a également eu d’autres comportements violents qu’il est bon de mentionner ici.

  • Il invective les stricts observants religieux de son époque, scribes et pharisiens, en les traitant de « sépulcres blanchis » (en mots d’aujourd’hui, on pourrait traduire « cadavres en putréfaction blanchis à la chaux »).
  • Il raconte une parabole qui se termine en ces termes : « Amenez-les ici et égorgez-les devant moi » (Luc 19,27).
  • Il dit « Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent, le royaume des cieux est forcé et les violents s’en emparent » (Mathieu 11,12).
  • Il dit « Je ne suis pas venu apporter la paix sur la terre, mais le glaive » (Mathieu 10,34).

Voici donc le Jésus de l’histoire au banc des accusés. Coupable ou non, ce personnage ? Violent ou doux et humble ?

En fait, pour bien saisir le psychisme de l’accusé, il faut d’abord comprendre à qui s’adresse sa violence. Et l’on constate que quatre des cinq actes ou propos violents cités plus haut s’adressent de façon spécifique aux chefs et dirigeants religieux du temps de Jésus. Qu’est-ce à dire ? Oui, Jésus a eu des attitudes violentes, mais entièrement dirigées à l’encontre de l’élite religieuse fondamentaliste et légaliste de son temps. Et par extension, contre les castes religieuses traditionnalistes et les chefs religieux légalistes de tous les temps. Nuance ! Quant au peuple de ses concitoyens, pas de trace de vindicte envers eux de la part du Christ, au contraire, « toute la foule est frappée par son enseignement » ; elle adhère à ses propos. C’est cette adhésion populaire qui lui vaut d’ailleurs l’ire des prêtres et chefs religieux, jaloux de leurs pouvoirs spirituels, politiques et économiques, et frileux à l’idée de perdre ces pouvoirs.

Par son invective « sépulcres blanchis », Jésus s’élève contre ceux qui prennent une apparence religieuse extérieure mais n’ont pas de vie spirituelle à l’intérieur. De même, dans la parabole citée plus haut, ceux qui doivent être amenés et égorgés en présence du Maître, ce sont ceux à qui ont été confiés ses biens et qui ne les ont pas fait fructifier, ceux-là même qui se déclarent ses serviteurs. Les biens divins étant spirituels, il s’agit donc de ceux qui sont chargés d’administrer ces biens, les responsables religieux et spirituels de toutes sortes. Les « sépulcres blanchis » sont par extension tous ceux et celles qui disent « Seigneur, Seigneur » sans faire la volonté du Père du Ciel, tous ceux et celles qui n’ont que l’apparence de la religion.

Pour ce qui est du royaume des cieux qui « est forcé et dont s’emparent les violents » (Mathieu 11,12), ne discerne-t-on pas là des termes qu’on associerait à des voleurs qui dérobent un bien qui ne leur appartient pas ? Combien de gourous, de prêtres, de prélats, de pasteurs, de preachers, d’imams, de patriarches et d’autres chefs religieux de toutes sortes se comportent effectivement comme des usurpateurs, s’approprient les biens divins, déforment la vérité et ferment les portes du royaume à ceux et celles qui aspirent à y entrer ? Crimes qui, aux yeux du Christ, sont plus graves que tout puisqu’ils mettent en péril la santé spirituelle des êtres humains, bien plus précieuse encore, selon lui, que leur santé physique.

Quant au glaive qu’il dit être venu apporter sur la terre, ne nous méprenons pas ! Jésus fait ici allusion à sa mission profonde, il parle du sens de sa venue sur terre. À plusieurs reprises dans l’Ancien Testament, la parole de vie est comparée à un glaive tranchant, et c’est à ce glaive-là que Jésus fait allusion : il est la Parole, la révélation, celui qui est venu enseigner et dévoiler. On est donc à cent lieues d’une épée guerrière! Comme il l’a dit lui-même, sa mission n’est pas d’apporter la paix : cette mission revient en effet à l’humanité. L’humain enseigné et éclairé par le divin devient un acteur de paix dans le monde. Tel est le sens de Mathieu 10,34.

Quand il a eu chassé les vendeurs et changeurs de monnaie, Jésus a enseigné les croyants présents sur les lieux, ceux et celles qui étaient venus au temple non pas pour s’enrichir matériellement, mais pour s’enrichir spirituellement. Il a mis en garde contre la tentation de faire de la maison de prière une caverne de bandits. Il parlait bien sûr des temples matériels, mais plus encore du temple qu’est notre âme, menacée elle aussi par l’appât du gain et le matérialisme. Et afin de purifier notre âme pour lui rendre sa beauté native, tenons-nous bien ! Il est prêt à la conquérir de haute lutte, à nous déposséder de nos fausses sécurités en usant de violence, s’il le faut.

 

Êtes-vous un « cheap » d’Halloween ?

Par Judy Tétreault

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« Crime y’auraient pu être plus généreux, avec la maison qu’ils ont! »

C’est ce qu’un enfant qui passait l’Halloween dans son quartier aurait dit, en sortant de chez notre amie la physiothérapeute.

Elle a raconté qu’une année, une caravane s’est stationnée derrière sa voiture, dans son entrée privée, et que la famille venant de l’extérieur a envoyé l’une des petites demander à utiliser la salle de bain pendant que les parents attendaient dehors pour entamer leur cueillette.

Si vous n’avez pas tout de suite remarqué ce qui clochait dans ce petit bout de récit, je voudrais vous éclairer, mais le temps me manque et ce que je veux surtout développer est la partie suivante « …la famille venant de l’extérieur… »

Voyez-vous, peut-être êtes-vous un  »Halloweeneux », comme on les appelle un peu partout, peut-être êtes-vous résident d’une maison où passent des centaines d’enfants, des dizaines ou à peine quelques-uns. Quoi qu’il en soit, je suis sûre que le nombre d’enfants qui toquent à votre porte n’est pas représentatif du nombre d’enfants qu’il y a dans votre quartier.

Reprenons l’histoire de cette physiothérapeute.

Elle avait l’habitude de faire des sacs contenant plusieurs bonbons. Une année, elle en avait fait 300.

En une heure trente, tout était écoulé, et les enfants continuaient de toquer.  Quelques-uns ne cachaient pas leur mécontentement, qu’ils soient jeunes ou pas jeunes du tout.

Elle s’est donc adaptée. Parce que d’année en année, le nombre d’enfants faisant main basse sur son quartier augmentait. Elle donnait donc un seul petit emballage de  »Smarties » par enfant.

D’où notre première petite personne qui ne se gêna pas pour la traiter de  »cheap », une fois les sucreries dans son sac.

Ma question est la suivante…

Qu’en pensez-vous?

Personnellement, je ne veux pas que l’Halloween devienne une fête de consommation. Et le fait de repérer un secteur et de se jeter dessus pour en tirer le plus de bonbons possible, c’est faire fausse route, selon moi. D’autant plus qu’aujourd’hui, beaucoup d’enfants ont la possibilité de manger des bonbons presqu’à l’année longue.

Saviez-vous que l’Halloween a maintenant dépassé Noël en tant que force économique? Cela signifie que maintenant, il y a plus d’argent qui se fait avec l’Halloween qu’avec Noël.

Vous ne me croyez pas? Allez voir vous-même!

Vous n’êtes pas Maire de votre ville, alors je comprends que vous ne puissiez mettre en place une réglementation demandant que les enfants du nord de la ville récoltent au Nord de la ville et ceux du Sud, au Sud. Mais vous êtes tout de même quelqu’un! Oui! Oui! Vous avez un pouvoir! Je vous le dis!

Si vous passez l’Halloween, encouragez votre quartier et passez dans votre quartier. Je ne vous dis pas de renoncer à votre précieux repère, mais faites honneur à ceux qui se donnent la peine de décorer et qui souhaitent de la sorte susciter des sourires et distribuer de la joie.

Si vous êtes résident d’un quartier trop passant à votre goût, vous savez que vous POUVEZ demander aux enfants s’ils sont du coin? Bien sûr que quelques-uns tenteront de vous en passer une, mais puisque vous leur auriez tout de même donné des bonbons, laissez le karma faire le travail!

J’ai eu vent d’une maison où l’on avait préparé deux bacs de bonbons: un bac de caramels et de tires et un autre de chips, de chocolats et autres favoris d’Halloween. À ceux qui étaient de l’extérieur du quartier, devinez dans quel bac ils allaient piger leur poignée?

Des mesures punitives? Il n’en est rien!

Une adaptation en fonction de nos valeurs plutôt, et de ce en quoi l’on croit.

Lorsque vous êtes mécontent, votre émotion est louable et elle porte en elle une occasion merveilleuse de changer les choses. Faites-lui honneur.

J’aurais encore à vous dire sur l’Halloween, mais je m’arrêterai là avec cette conclusion…

Prenez votre pouvoir et faites que votre Halloween 2019 soit un peu plus à l’image de ce qu’elle veut dire pour vous.

Et n’hésitez pas à m’écrire!  Je vous aime tellement!

 

Islamophobie et autres enjeux de laïcité

Par Johane Filiatrault

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À l’heure où l’islamophobie fait couler beaucoup d’encre, je me sens l’obligation intérieure de me dissocier publiquement de ce mouvement de peur qu’entretiennent trop de Québécoisˑeˑs. Selon mon expérience personnelle, la rencontre interculturelle et interreligieuse vécue dans la confiance et l’ouverture mutuelle m’apparaît plutôt être une source d’enrichissement réciproque et, pour qu’une telle rencontre soit possible, il faut qu’au moins un des deux partis aborde l’autre amicalement. (J’en ai d’ailleurs fait l’un des thèmes clé de mon nouveau roman, Mémoire d’Outarde, qui paraîtra sous peu aux Éditions Tsemantou). Cela est d’autant plus vrai si ces gens d’autres cultures qui nous font peur, migrent chez nous et viennent habiter notre voisinage.

Pour briser la peur, il faut apprendre à connaître l’objet de nos appréhensions. Et n’appartient-il pas aux citoyenˑneˑs de la nation hôte de faire les premiers pas vers les nouveaux arrivants, tout comme il appartient à la personne qui reçoit chez elle des invitéˑeˑs de les recevoir chaleureusement et de les mettre à l’aise ?

Cela étant dit, j’éprouve suffisamment de respect et d’attachement philanthropique envers ces immigrantˑeˑs pour affirmer ceci : tout ce que j’ai souhaité et mis en œuvre pour le bonheur et le bien-être de mes propres enfants, je le souhaite également de tout cœur pour leurs enfants à euxˑelles.

Il y a dix ans, nous avons fait un choix de société au Québec, un choix qui a fait que, désormais, l’enseignement religieux et la pastorale ne font plus partie du programme scolaire des écoles publiques.  J’ai été la première à l’applaudir – j’ai pourtant la foi chrétienne tatouée sur le cœur – parce que je crois que les enfants ont droit à la liberté religieuse et que leur en imposer une ou l’autre est un manque de respect envers leurs droits fondamentaux : le prosélytisme n’est pas l’affaire de l’État et nos taxes ne doivent pas servir à l’entretenir, quelle que soit la religion prônée.

C’est la raison pour laquelle je continue et continuerai à affirmer que l’État doit retirer son financement aux écoles privées qui ont encore à leur programme l’enseignement d’une religion unique. Mieux encore, l’État doit interdire sur son territoire toute école où des enfants sont soumis à un enseignement religieux unidirectionnel quelconque. Puisque je ne souhaite pas que mes enfants soient embrigadés dans une religion étroite, sexiste et réactionnaire, pourquoi j’accepterais que les enfants des migrants d’autres religions ou les enfants de parents ultra religieux soient soumis à une telle éducation ? Pourquoi ce que je juge bon pour mes enfants ne le serait pas pour les enfants des autres ? Pourquoi certains enfants seraient exclus d’un tel choix de société considéré comme bénéfique et juste ?

Jusqu’à quand l’État paiera-t-il pour perpétuer cette prétendue « liberté de religion » qui ne respecte la liberté que des parents et des intervenants scolaires ? Les enfants du Québec – tous les enfants du Québec, nouveaux migrants ou non – ne méritent-ils pas mieux que cela ?

Quant à savoir si les professeurˑeˑs devraient afficher l’une ou l’autre religion dans leur manière de se vêtir ou les accessoires dont ilˑelleˑs s’ornent, la réponse m’apparait évidente : si l’école est religieusement neutre, ses intervenantˑeˑs doivent également l’être, au moins extérieurement. Le message véhiculé à tous les enfants sera alors sans ambiguïté : le choix d’être croyantˑe ou adhérentˑe par rapport à telle ou telle spiritualité est quelque chose qui se vit dans l’intime de l’être et qu’on devrait pouvoir deviner sans qu’aucun signe extérieur ne le souligne, un choix qui devrait transparaître dans la manière d’appréhender la vie et dans l’ouverture envers les personnes croisées au hasard de la vie.

 

Image : Jean-Léon Gérôme [Public domain], via Wikimedia Commons

 

Par Judy Tétreault

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Quand on a des objectifs, il est avéré qu’il vaut mieux connaître le point de départ et le point d’arrivée.

Vous avez établi votre objectif, votre aspiration et donc, votre point d’arrivée.

Mais savez-vous quel est votre point de départ?

Parce que simplement dire « Je pars d’ici, d’aujourd’hui ou de mon stade actuel » est très insuffisant.

Votre RÉEL point de départ est en fait une aspiration à le connaître. 

Pour vouloir QUOI QUE CE SOIT dans votre vie, la première étape et votre premier combat (car croyez-moi, cela en deviendra un) sera d’entrer dans une arène où résident toutes vos conceptions de vous-même, sur la vie, sur les gens qui vous entourent. Votre travail sera de discerner le vrai du faux dans votre conception de vous-mêmes.

Il n’y a que de cette manière que vous pourrez avancer sciemment vers vos objectifs, parce que, dès lors, vous aurez pris conscience de votre point de départ.

Essayez d’imaginer vouloir vous rendre quelque part, tout en vous étant trompé d’une trentaine de kilomètres à propos de votre point de départ.

Vous n’irez pas dans la bonne direction.

C’est la même chose avec vous et vos objectifs de vie.

Si vous n’acceptez pas de lire les panneaux qui vous indiquent à quel point vous n’êtes PAS où vous voulez être, vous ne saurez jamais vraiment quel trajet vous avez à faire et quelles sont les directions à prendre.

Vous aurez, exactement comme dans une arène, le souffle court, vous aurez peur et vous aurez froid.  Vous vous sentirez parfois en rage et seul.  Parce que, croyez-moi, vous vous trouverez très éprouvé par vos ‘’ennemis’’ si vous ne vous attaquez pas d’abord à eux.

J’ai découvert toute la poésie qui réside dans ces images de gladiateur, de boxe et d’autres arts du combat. J’ai fini par voir que pour certains pratiquants, ils s’y investissent comme si, pour eux, il s’agissait d’une représentation quasi spirituelle de la vie. Un combat. Et ceux-ci savent qu’ils ne se battent pas contre quelqu’un. Ils se battent contre quelque chose en eux-mêmes, contre les revers et les persécutions de la vie, contre les déceptions et les injustices. Ils se font acteurs de théâtre pour nous livrer leur version de la vie. Un ring dans lequel le véritable objectif est de rester debout, de toujours se relever, de mettre à terre le véritable ennemi.

Les boxeurs les plus éveillés se partagent deux rôles : d’une part, nous, les individus, d’autre part, « l’ennemi », (les persécutions, l’adversité, les fausses conceptions que l’on a de nous-mêmes), tout ce contre quoi nous devons nous battre.

J’ai longtemps voulu croire que cette version de la vie était fausse. Que le combat était inutile.

Je suis désolée, j’avais tort.

Les véritables combats sont ceux qui se passent en nous.

Ce sont des choses inertes et, en réalité, illusoires qu’il nous faut combattre et ce, qu’on le veuille ou non.

Ce n’est pas un combat pour mettre l’ennemi K.O. à coups de poings. De toute façon, mettre un coup de poing à une conception de vous-même, vous trouverez ça difficile : c’est intangible. (Je dis ça comme ça : j’ai essayé et je ne savais pas trop où viser! XP)

C’est une arène où vous devez apprendre humblement qui vous êtes vraiment et qui vous n’êtes pas. Et vous battre contre cette incroyable envie de continuer à vous leurrer sur vous-même.

Théorie :

Les réels adversaires de vos vies sont au nombre de 12! Ils sont EN vous, ils ne SONT PAS VOUS! Et ils sont les SEULS contre lesquels vous devrez vous battre. N’engagez jamais le combat contre quiconque ou quoi que ce soit d’autre que ceux-ci!

  1. Le jugement
  2. La dépression
  3. La réprobation
  4. L’indifférence
  5. La culpabilisation
  6. L’anxiété
  7. L’indécision
  8. La procrastination
  9. Le perfectionnisme
  10. La rancœur
  11. L’apitoiement sur soi
  12. La confusion

Tout le reste, n’est pas un obstacle pur et simple et ne mérite pas d’être mis au tapis.

 

Le poète Jacques Prévert (1900-1977)

Par Rachel Filiatrault

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Vous avez envie de rire, de vous distraire et d’apprendre en même temps ? Ouvrez ce bouquin ! Paroles de Jacques Prévert, écrit en 1946 et présentant des textes inspirés de l’époque du surréalisme : presque de l’écriture spontanée. Du plus petit aux plus grand (de 15 mots à 35 pages), certains poèmes, pour l’époque, sont faits de provocation et d’expressions nouvelles.

Prévert joue avec les mots et ce n’est pas peu dire, ne serait-ce que dans L’amiral et Cortège. Il procède aussi par l’anaphore, dans Tentative de description d’un diner de têtes à Paris et Salut à l’oiseau. Il y a aussi des images poétiques belles et fortes comme, par exemple, « Ceux qui sont chauves à l’intérieur de la tête » (Diner de têtes…) et « L’éblouissant orage du génie de Vincent » (Complainte de Vincent).

Ses thèmes préférés sont ceux de la dénonciation de la violence, de la guerre, de la politique bourgeoise et de la religion (Barbara, Pater Noster, La cène et La morale de l’histoire). La vie quotidienne à Paris fait aussi partie de ses sujets aimés ainsi que d’autres plus traditionnels : l’amour, l’enfance, l’oiseau (Le cheval rouge, Cet amour et Place du Carrousel) et bien d’autres encore.

Je vous recommande deux autres de ses volumes : Spectacle et Histoires (1949 et 1963), aux éditions Le point du jour NRF. Je vous laisse un avant goût du livre avec un de ses poèmes les plus populaires, Pour faire le portrait d’un oiseau.

 

Peindre d’abord une cage

avec une porte ouverte

Peindre ensuite

quelque chose de joli

quelque chose de simple

quelque chose de beau

quelque chose d’utile

pour l’oiseau

Placer ensuite la toile contre un arbre

dans un jardin

dans un bois

ou dans une forêt

Se cacher derrière l’arbre

sans rien dire

sans bouger

Parfois l’oiseau arrive vite

mais il peut aussi mettre de longues années

avant de se décider

Ne pas se décourager

attendre

attendre s’il le faut des années

la vitesse ou la lenteur de l’oiseau

n’ayant aucun rapport

avec la réussite du tableau

Quand l’oiseau arrive

s’il arrive

observer le plus profond silence

attendre que l’oiseau entre dans la cage

et quand il est entré

fermer la porte avec le pinceau

puis

effacer un à un tous les barreaux

en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l’oiseau

Faire ensuite le portrait de l’arbre

en choisissant la plus belle des branches

pour l’oiseau

peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent

la poussière du soleil

et les bruits des bêtes de l’herbe dans la chaleur de l’été

et puis attendre que l’oiseau se décide à chanter

Si l’oiseau ne chante pas

c’est mauvais signe

signe que le tableau est mauvais

Mais s’il chante c’est bon signe

signe que vous pouvez signer

Alors vous arrachez doucement

une des plumes de l’oiseau

et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau

 

Et voici ma propre version personnalisée de ce poème…

 

Pour faire le portrait d’une colombe invisible,

prendre d’abord une cage

avec une porte ouverte.

Peindre la cage en or.

Souffler un cœur rouge au milieu.

Un gros cœur.

Pour que la colombe arrive et devienne visible

il faut suspendre milles et une clés dorées tout autour.

Lorsqu’elle arrive, refermer tout doucement

mais en laissant une ouverture

pour  qu’elle sache que, si elle veut partir,

elle peut le faire.

Et si elle veut rester,

elle peut prendre le gros cœur,

 le glisser dans sa poitrine

et rester dans sa prison dorée.

Aussi il y aura toujours la lumière matinale et toi

pour lui tenir compagnie.

Peut-être aussi qu’elle pourra

longtemps étudier chacune des clés dorées

et en comprendre le sens.

Puis s’envoler.

Voilà.

Le titre de cette histoire sera :

Cage thoracique.

 

(Source des informations biographiques : Wikipedia)

 

Tout est dans le fruit

Par Jeanne Du Mont

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Toutes les religions s’équivalent, en ce sens qu’elles ont la puissance d’élever l’humain au-delà de son espace confiné, au-delà du je-me-moi stérilisant et vide, au-delà de l’emprise du matériel qui étouffe, qui capture l’être et l’emprisonne. Les religions sont des systèmes conçus pour éduquer notre être profond, pour lui inculquer une discipline salutaire qui le tire vers le haut et le libère de ce qui le maintient à l’état larvaire.

Loin de moi l’idée d’avancer qu’un humain sans religion n’est rien qu’une larve ! L’état larvaire n’a par ailleurs rien de péjoratif : il est une potentialité, un merveilleux devenir en préparation, un secret destiné à se déployer au grand jour. Vu sous cet angle, l’humain sans religion ou spiritualité n’est rien de moins qu’une merveille en dormance.

Mais cela dit, il y a un mais…  Les systèmes religieux sont gérés par des humains influencés comme tous ceux de la race par des appâts de cupidité, de plaisirs bon marché et de gloriole. On doit donc perpétuellement libérer les religions des castes de dirigeants qui y ont leur mainmise… Ou réinventer des spiritualités saines, ouvertes sur l’autre et libératrices.

Si votre religion (il y a des « religions » athées, ne l’oublions pas, prenant la forme de courants politiques, de pensées monolithiques ou de mécanismes d’exclusion) ou votre spiritualité ne vous porte pas à grandir en acceptance de vous-mêmes et de vos faiblesses, à vous détacher du prosélytisme militant (si accablant pour votre entourage), à voir en chaque être humain le reflet même de la déité et à le respecter et à l’aimer comme tel – si votre religion ne porte pas ces fruits-là, changez-en, de grâce !

Car nul besoin d’être unˑe devin ou unˑe grandˑe sage pour décréter ceci : l’avenir de l’humanité n’est envisageable que si chaque humain se met à se soucier intentionnellement et volontairement du bien-être et de l’épanouissement de l’autre, à favoriser l’autre autant qu’ilˑelle se favorise luiˑelle-même, à s’ouvrir à une pensée tournée vers l’humain.

L’harmonie et le plaisir de vivre sur cette planète où nous subissons un sort commun n’est possible qu’à ce prix. L’individualisme et la surconsommation ne peuvent mener qu’au chaos et dénaturent l’être humain, un « animal » grégaire, monogame et spirituel dans son essence même.

Vous arrive-t-il de vous demander pourquoi, de nos jours, trop d’ados cherchent à mourir ou à s’étourdir dans la vitesse, l’alcool et les drogues, pourquoi tant et tant d’enfants sont autistes, en déficit d’attention, hyperactifs, blasés et/ou irrespectueux, pourquoi les bébés même, pour certains, délaissent le réflexe vital qu’est celui de téter leur mère et pourquoi un nombre croissant de couples n’arrivent plus à procréer sans assistance médicale ? Peut-être devrions-nous cesser de ne chercher les causes de ces fléaux que dans les changements climatiques ou l’alimentation ou la pollution environnementale et scruter également notre manière d’être ensemble, en tant que collectivité, en tant que citoyenˑneˑs d’une même planète. L’écologie du corps et de l’esprit peut être une réponse très valable à nos immenses problèmes sociétaux ! Et ce n’est pas les modèles économiques axés sur la croissance qui nous sortiront de là – ne pas l’oublier au moment de déposer nos votes dans la boîte ces jours-ci…

Adolescente, il y a de cela plusieurs dizaines d’années, j’ai été profondément choquée, révulsée, quand un de nos professeurs du niveau secondaire nous a présenté en classe un documentaire sur les camps de concentration nazis. J’ai perdu foi en l’humanité ce jour-là (avant de la retrouver plus tard via une démarche spirituelle). Mais quand le culte de la personnalité, l’hédonisme, l’indifférence, l’intolérance, voire la haine, font désormais partie de la culture ambiante et nous bombardent chaque jour, se pourrait-il que même les touts petits êtres perdent à leur tour foi en l’humanité, cessent d’espérer, et s’emmurent hermétiquement, afin de résister à un climat toxique ambiant ?